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Controle technique : plusieurs milliers de véhicule contraint de le passer tous les ans « c’est encore les petits qui vont payer »

Derrière leur volant, des millions d’automobilistes voient poindre une contrainte qui pourrait alourdir la facture. Une réforme du contrôle technique menace leur budget. Pour certains, c’est le sentiment d’être une nouvelle fois ciblés, sans possibilité d’échappatoire.

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Le contrôle technique annuel pour certains véhicules n’est plus un simple fantasme de réglementarisme administratif : la question est bel et bien sur la table. Et la colère gronde, à mesure que l’idée progresse.

Une contrainte qui tombe sur les plus modestes

Depuis plusieurs mois, une proposition européenne alimente les débats : rendre obligatoire un contrôle technique chaque année pour tous les véhicules particuliers de plus de dix ans. Un changement radical par rapport au rythme actuellement en vigueur en France, à savoir un contrôle tous les deux ans après les quatre premières années de mise en circulation.

Si cette réforme venait à être adoptée, elle entraînerait un passage imposé au contrôle technique pour environ 12 millions de véhicules dans l’hexagone. Un nombre conséquent qui correspond à plus de la moitié du parc automobile français. Et surtout, il soulève une question cruciale : qui va réellement en subir les conséquences ?

« C’est encore les petits qui vont payer. J’ai une vieille 206 de 2008, c’est tout ce que je peux me permettre. Chaque centime compte, 80 euros par an en plus, c’est énorme pour moi, » m’explique Gérard Lambert, 58 ans, ouvrier en fin de carrière résidant dans la Meuse.

Les chiffres parlent : une facture en double

À l’heure actuelle, le coût moyen d’un contrôle technique se situe entre 78 et 80 euros. Certains centres affichent même des tarifs grimpant jusqu’à 120 euros selon les prestations. En multipliant cette dépense chaque année, la différence est immédiate :

Fréquence Contrôle tous les 2 ans (actuel) Contrôle annuel (proposé)
Coût sur 4 ans 160 euros 320 euros

Pour les ménages aisés, l’impact financier reste minime. Mais 60 % des véhicules âgés de plus de dix ans appartiennent à des foyers modestes, situés dans les 40 % les moins dotés en revenus. Ces ménages résident souvent hors des grands centres urbains, là où les transports publics sont rares. Le climat social pourrait s’assombrir encore un peu plus.

Un projet encore lointain… mais bien réel

Ce qui remet un peu d’oxygène dans le débat, c’est que cette mesure n’est, à l’heure actuelle, qu’une proposition formelle de la Commission européenne, émise le 24 avril 2025. Aucun texte contraignant n’a été adopté par la France. Le gouvernement observe, sans s’être positionné officiellement.

Mais l’inquiétude reste vive depuis l’entrée en application d’une première réforme technique le 3 juin 2025, qui a renforcé les points de contrôle sur les 4×4 modifiés, les tests de pollution pour les diesels Euro 5 et l’inspection des logiciels embarqués. Pour de nombreux conducteurs, c’était déjà une alerte.

Une fracture visible sur les routes

Selon le ministère de la Transition écologique, l’âge moyen du parc roulant français s’établit à 10,8 ans. Si la directive entre en application, elle toucherait automatiquement le cœur des conducteurs français. Le paradoxe, c’est que ces mêmes véhicules en âge d’être réformés sont aussi ceux que l’on retrouve dans les zones rurales ou les banlieues, là où les alternatives manquent.

« On nous contraint en nous accusant d’avoir des voitures trop vieilles… Mais une voiture neuve, c’est 18.000 euros au bas mot. Vous les sortez d’où, ces sous ? Moi, je roule encore avec ma Clio 2. Elle roule bien. J’y fais attention, » souligne Gérard, indigné.

Une division entre impératif écologique et urgence sociale

Le discours officiel met en avant la sécurité routière et la réduction de la mortalité : l’objectif européen est de réduire par deux le nombre de tués sur les routes d’ici 2030. Un autre argument, plus discret mais bien réel, est la lutte contre les émissions polluantes. Les voitures anciennes contribuent davantage aux particules fines. Mais cette logique entre en conflit frontal avec le vécu des catégories populaires.

  • 12 millions de véhicules concernés
  • Plus de 60% détenus par des foyers modestes
  • Coût annuel : entre 80 et 120 euros
  • Taux de refus au contrôle : autour de 20 %

Le secteur du contrôle technique, lui, ne cache pas son intérêt : plus de 6 700 centres agréés génèrent un chiffre d’affaires de près de 1,5 milliard d’euros. L’application d’une telle mesure doublerait — mécaniquement — leur volume d’activité.

Et après ?

En coulisse, les syndicats automobiles et certaines associations de défense d’usagers s’activent. Leur ligne : adapter la mesure selon les revenus ou les zones géographiques. D’autres réclament purement et simplement son rejet.

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