Dans cet article Dans cet article
- Porter plainte pour une arnaque sur internet : comprendre le cadre légal et les enjeux
- Identifier le type d’arnaque internet avant de porter plainte
- Avant la plainte : sécuriser ses comptes et limiter les dommages
- Où et comment porter plainte pour une arnaque sur internet en France ?
- Signalements complémentaires : renforcer sa plainte et protéger les autres victimes
- Contenu d’une plainte pour arnaque internet : éléments indispensables
- Après la plainte : suites possibles, enquêtes et délais à prévoir
- Peut‑on obtenir un remboursement après une arnaque sur internet ?
- Cas particuliers : arnaques au travail en ligne, aux colis et aux relations personnelles
- Prévenir les futures arnaques : intégrer les réflexes issus de votre expérience
Une arnaque sur internet laisse souvent un mélange de colère, de honte et d’incompréhension. Entre les faux conseillers bancaires, les sites marchands frauduleux, le phishing et les escroqueries aux investissements, chaque détail compte pour réagir efficacement et défendre ses droits.
Porter plainte ne se limite pas à « aller au commissariat ». La procédure se prépare, se documente, se sécurise et s’inscrit dans un écosystème plus large de signalement, de preuve numérique et d’indemnisation possible. Les étapes à suivre changent selon le type d’arnaque, le moment où vous réagissez et les traces déjà laissées en ligne.
| Étape | Essentiel à retenir |
| 1. Rassembler les preuves | Captures d’écran, échanges, reçus ou mouvements bancaires liés à l’arnaque. |
| 2. Signaler l’arnaque | Déclaration sur la plateforme officielle dédiée aux fraudes en ligne. |
| 3. Déposer plainte | Au commissariat, à la gendarmerie ou via un dépôt en ligne selon la situation. |
| 4. Suivi du dossier | Conserver les références du dépôt et surveiller les retours des autorités. |
Porter plainte pour une arnaque sur internet : comprendre le cadre légal et les enjeux
Internet concentre aujourd’hui une part massive de la délinquance financière. En France, le coût global de la cybercriminalité pour l’année 2024 est estimé à près de 118 milliards d’euros. Les signalements de messages et appels frauduleux ont bondi, avec plus de 23 383 cas recensés en 2025, soit une hausse de 113 % par rapport à 2024.
Les arnaques en ligne combinent souvent plusieurs infractions : escroquerie, faux et usage de faux, usurpation d’identité, accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données, voire extorsion en cas de rançongiciel. Porter plainte donne un cadre juridique à votre situation, enclenche une enquête potentielle et formalise votre statut de victime auprès de votre banque, de votre assureur ou de votre employeur.
JusticeComment signaler une arnaque en ligne sur Pharos : procédureL’ampleur du phénomène se renforce avec la sophistication technique des attaquants. Les campagnes d’hameçonnage représentent environ 60 % des attaques détectées en 2026, et près de 90 % des cyberattaques transitent encore par l’email. Les cybercriminels s’appuient sur des agents d’IA autonomes, des malwares voleurs d’identifiants (infostealers) et des techniques de SEO poisoning pour piéger les internautes sur des sites frauduleux qui paraissent légitimes.
Conseil pratique : une plainte bien préparée augmente vos chances d’obtenir une enquête approfondie et d’être remboursé, surtout en cas de fraude à la carte bancaire ou d’usurpation d’identité. Les détails factuels, les captures d’écran et les références exactes des opérations bancaires structurent toute la suite du dossier.
Identifier le type d’arnaque internet avant de porter plainte
Avant de vous rendre au commissariat ou de déposer plainte en ligne, l’enjeu consiste à qualifier précisément le type d’escroquerie subi. Cette qualification oriente la collecte de preuves, les services compétents et même la stratégie de remboursement.
Voici les formes d’arnaques internet les plus fréquentes et les éléments à repérer pour votre dossier :
Arnaques bancaires et faux conseillers : vishing, smishing, faux support
Les fraudeurs imitent les centres anti‑fraude bancaires ou les services clients. Ils appellent, envoient des SMS ou vous poussent à rappeler un numéro affiché dans une fausse fenêtre sur votre écran.
- Vishing bancaire : appel téléphonique d’un prétendu « service sécurité » qui signale des opérations suspectes et vous demande de valider ou annuler des transactions. Parfois, ils vous guident pour installer une application de prise de contrôle du téléphone.
- Smishing : SMS alarmant sur un accès frauduleux à votre compte bancaire, redirection vers un site de phishing imitant votre banque, puis vol de vos identifiants.
- Faux support technique : pop‑up stressante annonçant un virus, un blocage de votre ordinateur et indiquant un numéro à appeler. Ensuite, prise de contrôle à distance, récupération de données et tentatives de paiement.
Dans ces cas, vous êtes souvent victime de manœuvres frauduleuses sophistiquées qui exploitent la peur et l’urgence. La plainte pointera l’escroquerie, l’accès frauduleux et parfois l’usurpation d’identité.
Phishing, smishing, pretexting : l’arnaque par message ou email
Le phishing reste l’un des vecteurs les plus utilisés, avec plus de 1,9 million de consultations sur les thématiques de hameçonnage en 2024. Le principe : un message imitant une entreprise connue ou une administration pour vous inciter à transmettre des informations sensibles ou à cliquer sur un lien malveillant.
- Phishing par email : message imitant une banque, un opérateur, une plateforme de livraison ou une grande marque, graphisme convaincant, parfois SPF/DKIM configurés, lien vers un site imitant à la perfection l’original.
- Smishing colis : faux SMS La Poste ou Chronopost, fausse taxe de douane ou frais de dossier à régler, redirection vers un site piégé.
- Pretexting : scénario crédible de type « impayé URSSAF », « mise en demeure EDF », « mise à jour carte Vitale » pour justifier l’urgence de la démarche.
Ces escroqueries s’accompagnent souvent de techniques avancées : vol de tokens de session, téléchargement furtif de malwares ou collecte d’identifiants réutilisés ensuite pour vider un compte, détourner un portefeuille crypto ou accéder à vos emails.
Faux sites marchands, fausses plateformes d’investissement et scams aux crypto‑actifs
Les cybercriminels créent des sites d’apparence sérieuse, parfois très bien référencés grâce au malvertising ou au SEO frauduleux. Les victimes y achètent des produits, investissent ou versent un « minimum de départ » qui ne sera jamais restitué.
- Fausses boutiques en ligne : prix très attractifs, mentions légales approximatives, absence de coordonnées claires, avis clients copiés ou générés automatiquement.
- Faux investissements : promesses de rendements élevés sur les cryptomonnaies, l’IA, le métavers, les placements verts. Accompagnement agressif par téléphone, pseudo « coach » financier.
- Plateformes P2P et petites annonces : fausse interface « sécurisée » type Leboncoin ou Vinted, paiement via fausse page, ou demande de cartes‑cadeaux et de virements urgents.
Dans ces scénarios, la plainte vise à cibler les responsables derrière le site frauduleux, les flux financiers et parfois des réseaux structurés à l’international.
Usurpation d’identité numérique, piratage de compte et cyberharcèlement
L’augmentation des incidents de comptes compromis en France reste marquée, avec environ 15 millions de comptes compromis début 2026 et une progression des recherches liées au piratage de 55 % en 2024. Les infractions ne se limitent pas à la perte d’argent.
- Usurpation d’identité : ouverture de lignes téléphoniques, crédit à la consommation, achats en ligne en votre nom, création de faux profils sociaux.
- Piratage de messageries et réseaux sociaux : demande d’argent à vos contacts, diffusion de contenus intimes, escroquerie aux sentiments.
- Cyberharcèlement : insultes répétées, menaces, diffusion de rumeurs ou de photos, campagnes de dénigrement.
Ces atteintes atteignent parfois la sphère professionnelle, familiale ou scolaire. La plainte permet d’engager une réponse pénale pour protéger la victime et faire cesser les agissements.
« Toute personne qui se prétend victime d’une infraction pénale peut en dénoncer les faits au procureur de la République, aux services de police ou de gendarmerie. »
(Principe général du droit de plainte en procédure pénale française)
Avant la plainte : sécuriser ses comptes et limiter les dommages
La réaction immédiate influence directement le montant du préjudice et la qualité des preuves disponibles. Avant même de formaliser la plainte, les mesures d’urgence structurent la suite de la procédure.
Bloquer les paiements et alerter sa banque
En cas de paiement frauduleux, de virement suspect ou de carte piratée, la première étape consiste à bloquer les flux financiers. Le taux de fraude aux paiements par carte en 2025 se situe autour de 0,048 % des transactions, mais les montants touchés restent significatifs, avec près de 618 millions d’euros de fraude globale sur le premier semestre 2025.
- Opposition immédiate sur la carte bancaire via le numéro d’urgence ou l’application.
- Contact du service fraude de votre banque pour signaler l’opération.
- Blocage des virements vers les bénéficiaires suspects.
- Demande écrite de remboursement, avec référence des opérations litigieuses.
Cette étape montre au juge et aux enquêteurs que vous avez agi sans délai pour limiter le préjudice. Votre banque examinera ensuite si votre comportement relèvait d’une négligence grave ou non, ce qui influencera le remboursement.
Astuce de dossier : demandez à votre banque un écrit détaillant la chronologie : date d’alerte, heures des opérations, décisions prises. Ce document constituera une pièce centrale de votre plainte et des échanges ultérieurs, notamment en cas de demande d’indemnisation après arnaque internet.
Modifier les mots de passe et récupérer ses comptes piratés
Si un compte email, un réseau social ou un service en ligne a été compromis, il faut couper l’accès à l’attaquant et reprendre la main sur les services critiques. Les infostealers volent non seulement les identifiants, mais aussi les cookies de session, ce qui permet aux fraudeurs de se reconnecter même après un changement de mot de passe s’ils ne sont pas déconnectés partout.
- Changer les mots de passe en priorité sur l’email principal, les comptes bancaires, les services cloud et les comptes liés à des moyens de paiement.
- Activer l’authentification multifacteur (MFA) partout où c’est possible.
- Déconnecter toutes les sessions actives et révoquer les appareils inconnus.
- Vérifier la liste des applications connectées (OAuth) et retirer les accès douteux.
Cette remise à plat évite de nouvelles opérations frauduleuses après la plainte, tout en montrant aux forces de l’ordre que les mesures de protection ont été renforcées.
Collecter et figer les preuves numériques de l’arnaque
Une plainte solide repose sur des preuves numériques lisibles, datées et vérifiables. Les cybercriminels effacent ou modifient parfois leurs traces rapidement : sites fermés, profils supprimés, messages effacés.
- Captures d’écran des emails, SMS, messages privés, pages de paiement, profils frauduleux, conversations de chat.
- Copies des relevés bancaires mentionnant les opérations litigieuses.
- Enregistrement des URL complètes des sites utilisés (avec le https, les sous‑domaines et les paramètres).
- Conservation des fichiers suspects (PDF, pièces jointes) sur un support isolé sans les rouvrir.
Les violations de données se multiplient, avec plus de 5 629 incidents recensés en 2024. Une partie des arnaques repose sur des données obtenues lors de fuites massives. Mentionner, si vous en avez connaissance, une fuite antérieure liée à une plateforme où vous étiez inscrit apporte un éclairage utile aux enquêteurs.
Où et comment porter plainte pour une arnaque sur internet en France ?
La plainte peut être déposée de plusieurs manières, selon votre situation, votre disponibilité et la nature de l’infraction. Le cadre juridique français offre plusieurs canaux pour saisir la justice pénale, y compris pour les infractions commises à distance ou à l’étranger.
Plainte en commissariat de police ou brigade de gendarmerie
Le mode le plus courant reste le dépôt de plainte sur place. Vous vous présentez au commissariat ou à la brigade de gendarmerie de votre choix, muni de votre pièce d’identité et de vos preuves.
- Prise de contact à l’accueil et indication que vous souhaitez déposer plainte (et non seulement une main courante).
- Entretien avec un agent ou un officier qui recueille votre déclaration détaillée.
- Rédaction d’un procès‑verbal (PV) que vous lisez attentivement et signez.
- Remise d’un récépissé de dépôt de plainte comportant un numéro de dossier.
Ce canal convient à tous les types d’arnaques internet, y compris lorsque vous ne maîtrisez pas très bien les outils numériques ou que l’atteinte inclut des menaces physiques, du chantage ou du cyberharcèlement.
Plainte adressée au procureur de la République par courrier
Vous pouvez également adresser une plainte écrite directement au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile ou du lieu de l’infraction. Cette option convient lorsque vous disposez déjà d’un dossier structuré et que vous souhaitez détailler longuement les faits.
- Lettre recommandée avec accusé de réception adressée au « Procureur de la République ».
- Exposé chronologique des faits, précisions sur les montants, références des opérations, dates, heures, canaux utilisés.
- Liste et copie des pièces jointes (captures d’écran, relevés, échanges avec la banque, correspondances emails).
- Demande expresse de poursuites et de constitution de partie civile si vous le souhaitez dans un second temps.
Cette méthode laisse une trace écrite très complète. Elle s’avère utile dans les dossiers complexes, impliquant des montants élevés, plusieurs victimes ou un enchaînement d’escroqueries sur une longue période.
Pré‑plainte en ligne et outils numériques de signalement
Pour fluidifier la prise en charge, les autorités ont mis en place des dispositifs de pré‑plainte en ligne et des plateformes de signalement. La pré‑plainte vous permet de décrire les faits sur internet, puis de convenir d’un rendez‑vous pour la signature au commissariat ou à la gendarmerie.
- Saisie des informations sur la plateforme dédiée (identité, description, préjudice).
- Téléversement de certaines pièces justificatives.
- Prise de rendez‑vous pour transformer la pré‑plainte en plainte signée.
Ce dispositif facilite la gestion du temps et réduit les attentes, surtout dans les zones urbaines où la pression des signalements cyber augmente nettement. L’assistance à la cybersécurité en France a d’ailleurs progressé de près de 49,9 % en 2024, signe d’une montée en charge continue.
À ne pas négliger : la plainte et le signalement sont deux démarches complémentaires. Pour orienter les autorités vers le bon service et suivre au mieux le dossier, associez votre démarche pénale à un signalement spécialisé via les services dédiés aux arnaques numériques.
Signalements complémentaires : renforcer sa plainte et protéger les autres victimes
Au‑delà de la plainte, plusieurs dispositifs publics ciblent spécifiquement les escroqueries numériques. Ils servent à affiner la qualification des faits, à bloquer certains numéros, à faire retirer des contenus et à mieux documenter votre situation.
Signaler une arnaque par SMS, email ou appel frauduleux
Les services de signalement d’arnaques par SMS ou appel permettent de faire remonter rapidement les numéros frauduleux. Avec une hausse de 113 % des signalements en 2025 et 43 % de victimes d’usurpation de numéro, ce canal devient stratégique.
- Transfert du SMS suspect au numéro dédié (type 33 700 pour les SMS/Appels en France).
- Signalement des emails de phishing via les outils proposés par les FAI et webmails.
- Blocage manuel des numéros et adresses dans vos appareils.
Ce signalement n’a pas valeur de plainte, mais il alimente les listes noires et les enquêtes plus globales. Il vient en complément à la démarche pénale et peut être mentionné dans votre dossier.
Pour une procédure spécifique lorsque vous subissez une arnaque par SMS ou message, plusieurs guides détaillent la marche à suivre. Un focus spécialisé reste accessible sur la page signaler une arnaque par SMS qui aborde les cas les plus fréquents de smishing.
Plateforme THESEE : plainte et signalement pour les arnaques en ligne
La plateforme THESEE (plateforme ministérielle dédiée aux arnaques sur internet) cible plusieurs types de fraudes : faux sites marchands, faux support technique, chantage en ligne, escroqueries aux petites annonces, arnaques à l’investissement, phishing, etc. Elle offre une interface accessible pour les victimes d’escroqueries en ligne commises par des inconnus.
- Accès via un service de type FranceConnect ou création de compte.
- Formulaire guidé pour préciser les faits, les montants, les coordonnées du site ou de l’arnaqueur.
- Transmission du dossier aux services d’enquête spécialisés.
Cette démarche centralise des milliers de cas, ce qui facilite la détection de séries d’arnaques, de scripts communs, de numéros récurrents ou d’adresses IP liées à des campagnes de grande ampleur.
JusticeThésée : comment porter plainte pour arnaque en lignePour une vue complète sur l’usage de cette plateforme, la page plainte pour arnaque via THESEE détaille les catégories éligibles, les limites du dispositif et la complémentarité avec un dépôt classique.
Contenu d’une plainte pour arnaque internet : éléments indispensables
Une plainte efficace se construit comme un dossier chronologique, structuré et documenté. Elle donne au procureur et aux enquêteurs une vision claire du mode opératoire, du préjudice et des responsabilités en jeu.
Informations personnelles et contexte de l’arnaque
Commencez par présenter votre situation de manière concise, mais précise :
- Identité complète (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse, coordonnées).
- Statut particulier éventuel : professionnel libéral, dirigeant d’entreprise, association, mineur, personne protégée.
- Contexte d’apparition de l’arnaque : navigation sur un moteur de recherche, réponse à une publicité, SMS reçu spontanément, appel entrant, message sur un réseau social.
Ce cadre permet d’évaluer si la victime a été spécifiquement ciblée (spear‑phishing, ingénierie sociale personnalisée) ou si elle s’inscrit dans une campagne de masse.
Description détaillée des faits : chronologie, canaux, interlocuteurs
La description factuelle représente le cœur de la plainte. Elle met en évidence les manœuvres frauduleuses et la manière dont la confiance a été obtenue, brisée puis exploitée.
- Dates et heures des premiers contacts et des échanges successifs.
- Canaux utilisés : email, SMS, WhatsApp, téléphone, réseau social, site web, application mobile.
- Identifiants visibles : numéros de téléphone, adresses email, URL de sites, pseudo de réseaux sociaux.
- Promesses, menaces ou pressions exercées : gains rapides, mise en demeure, blocage de compte, chantage.
- Actions effectuées : téléchargement de logiciel, saisie de coordonnées bancaires, envoi de documents d’identité, versement de fonds.
Les techniques de pretexting (scénarios inventés) et de baiting (offres appât) apparaissent souvent dans ces récits. Les détailler aide les forces de l’ordre à rattacher votre cas à une typologie connue.
Montant du préjudice et opérations financières en cause
Le volet financier doit être quantifié précisément, avec les références exactes des opérations. Les autorités s’appuient sur ces données pour caractériser l’infraction et évaluer les dommages subis.
- Montant total de la perte estimée (y compris frais bancaires, frais de dossiers, coûts liés à la récupération ou à la sécurisation).
- Détail par opération : date, heure, montant, référence de virement, IBAN du bénéficiaire, terminal de paiement utilisé, plateforme impliquée.
- Éventuels remboursements déjà obtenus ou en cours de traitement.
Pour des fraudes complexes (multiples virements, paiements fractionnés, achats de cryptomonnaies), un tableau peut clarifier la situation.
| Date | Type d’opération | Montant | Destination / Plateforme | Statut (remboursé / en cours) |
|---|---|---|---|---|
| 05/09/2025 | Virement SEPA | 2 500 € | IBAN étranger "plateforme trading" | Non remboursé |
| 06/09/2025 | Paiement CB en ligne | 790 € | Site marchand "promo‑hightech" | Contesté auprès de la banque |
| 07/09/2025 | Achat crypto via carte | 1 200 € | Exchange "CryptoX" | Transfert irréversible |
Pièces jointes à annexer à la plainte
La liste des pièces structurera la lecture de votre dossier. Insérez‑la clairement dans la plainte, en numérotant chaque document.
- Copies d’écran des échanges (emails, SMS, messageries instantanées).
- Relevés bancaires et avis d’opérations contestées.
- Contrats, conditions générales, pages « mentions légales » des sites incriminés.
- Courriers et emails échangés avec votre banque, votre assureur ou les plateformes.
- Dépôts de signalement effectués sur des services spécialisés (transfert SMS, signalement plateforme, etc.).
Les services d’enquête combinent souvent ces pièces avec leurs propres outils de cyberinvestigation (tracage d’IP, demandes de levée d’anonymat, analyse de blockchain pour les flux crypto).
Après la plainte : suites possibles, enquêtes et délais à prévoir
Une fois la plainte déposée, plusieurs scénarios se dessinent. La cybercriminalité implique souvent des réseaux internationaux, des serveurs situés à l’étranger et des montages complexes. Les délais et les issues varient donc considérablement.
Classement sans suite, enquête préliminaire et information judiciaire
Le procureur de la République dispose de plusieurs options après réception de votre plainte :
- Classement sans suite : lorsque les auteurs restent inconnus, que les investigations s’avèrent impossibles ou que la gravité des faits paraît limitée par rapport aux moyens disponibles.
- Enquête préliminaire : confiée aux services de police ou de gendarmerie spécialisée, pour identifier les auteurs, retracer les flux et réunir des preuves complémentaires.
- Ouverture d’une information judiciaire : pour les dossiers plus lourds, un juge d’instruction sera désigné et mènera des investigations approfondies.
Le nombre de violations de données et d’incidents de cybersécurité recensés en 2024 (plus de 5 629 fuites, 420 000 assistances cyber) illustre la charge croissante qui pèse sur ces services. Les délais peuvent donc être longs, même lorsque le dossier apparaît techniquement solide.
Suivi de la plainte et rôle de la victime dans la procédure
En tant que victime, vous disposez de droits tout au long de la procédure. Le suivi actif du dossier renforce votre position et limite le risque que certains éléments passent sous silence.
- Conservation du numéro de plainte et des coordonnées du service en charge.
- Demandes régulières d’information sur l’avancement de la procédure.
- Possibilité de vous constituer partie civile pour accéder plus largement au dossier, surtout en cas d’information judiciaire.
- Recours possibles en cas de classement sans suite, par exemple via une plainte avec constitution de partie civile directement auprès du doyen des juges d’instruction.
Les escroqueries impliquant des deepfakes vocaux ou vidéo, ou des attaques par rançongiciel, donnent parfois lieu à des enquêtes coordonnées à l’échelle internationale. Dans ces cas‑là, la procédure s’inscrit sur un temps long, avec des échanges entre plusieurs pays.
Peut‑on obtenir un remboursement après une arnaque sur internet ?
La question du remboursement reste centrale pour de nombreuses victimes. Les règles varient selon le canal de paiement utilisé, le type d’arnaque et l’appréciation de votre vigilance par les organismes financiers.
Fraude à la carte bancaire : cadre légal et appréciation de la négligence
La réglementation européenne et française protège le titulaire de carte bancaire lorsqu’une opération non autorisée est détectée. La banque doit rembourser, sauf si elle démontre une négligence grave de votre part ou une fraude de votre côté.
- Transactions réalisées sans authentification forte ni code secret (paiements en ligne simples, paiements sans contact) : remboursement généralement favorable.
- Transactions validées via 3D Secure ou code SMS : débat fréquent sur la question de la négligence, surtout en cas de vishing ou d’ingénierie sociale.
- Délai légal pour contester une opération : en principe 13 mois en zone SEPA, mais utile de réagir le plus tôt possible.
Les faux conseillers bancaires et les campagnes de vishing cherchent justement à contourner ces garanties, en vous faisant « valider » vous‑même des opérations présentées comme de simples annulations.
Virements, crypto‑actifs et plateformes douteuses
Les virements bancaires et les transferts en cryptomonnaies restent plus difficiles à récupérer. Une fois les fonds déplacés vers des comptes de rebond ou convertis en actifs numériques, les « chaînes » de transactions se complexifient.
- Virements SEPA : recours possible contre la banque en cas de manquement à son devoir de vigilance, mais analyse au cas par cas.
- Crypto‑actifs : transactions souvent irréversibles, même si l’analyse de la blockchain permet parfois de geler des fonds sur certaines plateformes coopératives.
- Plateformes non régulées ou localisées hors UE : très faible probabilité de récupération des montants versés.
Des stratégies de récupération existent dans certains cas, mais elles nécessitent une expertise juridique et technique pointue. Une synthèse des voies possibles figure sur la page remboursement après arnaque internet, qui détaille les leviers à actionner selon les scénarios.
Point de vigilance : se méfier des sociétés qui proposent, moyennant paiement, de récupérer vos fonds perdus sur internet « en quelques jours ». De nombreuses victimes d’arnaques d’investissement subissent ensuite une seconde arnaque dite de « recovery », où l’escroc se présente comme un expert en récupération de fonds ou un faux enquêteur.
Cas particuliers : arnaques au travail en ligne, aux colis et aux relations personnelles
Certaines escroqueries exploitent des situations de fragilité : recherche d’emploi, isolement, urgence financière, besoin d’un complément de revenu. La plainte doit intégrer ces dimensions humaines, souvent au cœur du scénario.
Arnaques au travail en ligne et aux missions rémunérées
Les arnaques au travail en ligne utilisent fréquemment les SMS, WhatsApp ou les réseaux sociaux pour proposer des gains faciles en télétravail. Le schéma est récurrent :
- Contact spontané, proposition de missions simples (likes, notations, faux avis, tests d’applications).
- Petit paiement initial de 5 à 20 € pour rassurer et instaurer la confiance.
- Puis demande de « dépôt » ou d’ »avance » pour débloquer des missions plus rentables.
- Montants de plus en plus élevés, aucun retrait possible, disparition des interlocuteurs.
Ces cas relèvent de l’escroquerie classique et doivent faire l’objet d’une plainte complète, avec copies des conversations et des adresses de portefeuilles ou comptes utilisés pour les paiements.
Faux colis, fausses amendes et fausses administrations
Les SMS de faux colis (La Poste, Chronopost) ou de fausses amendes (péage, stationnement, transport) cherchent surtout à collecter vos coordonnées bancaires ou à installer un logiciel frauduleux sur votre téléphone.
- Liens vers des sites imitant des services publics ou des logisticiens.
- Formulaires demandant carte bancaire, date de naissance, parfois pièce d’identité.
- Applications à installer prétendument pour suivre un colis ou gérer son compte.
Dans la plainte, mentionnez la référence factice du colis ou de l’amende, l’adresse exacte du site, et les éventuelles applications installées. Ces données aident à relier votre cas à des campagnes plus larges.
Arnaques sentimentales, chantage et deepfakes
Les arnaques sentimentales et les formes de chantage en ligne utilisent de plus en plus des deepfakes vocaux ou vidéo, notamment pour usurper l’identité de dirigeants, de proches ou de personnalités publiques. Environ 9 % des attaques visant les grandes organisations feraient déjà appel à ces techniques.
- Profils séduisants ou très professionnels sur les réseaux sociaux et sites de rencontre.
- Histoire personnelle soigneusement construite, échange intensif sur plusieurs semaines.
- Demande d’argent pour une urgence médicale, juridique ou familiale.
- Menace de diffuser des photos ou vidéos intimes obtenues lors des échanges.
Lors de la plainte, l’aspect psychologique prend une place prépondérante. N’hésitez pas à décrire le lien de confiance installé, les manipulations émotionnelles et la pression exercée. Ces éléments entrent directement dans l’analyse de l’escroquerie et des circonstances aggravantes éventuelles.
Prévenir les futures arnaques : intégrer les réflexes issus de votre expérience
Après une arnaque en ligne, de nombreuses victimes modifient en profondeur leurs usages numériques. Ce retour d’expérience constitue une protection durable, pour soi‑même mais aussi pour ses proches.
Renforcer son hygiène numérique au quotidien
Les cybercriminels tirent parti de chaque faille : mot de passe réutilisé, absence de double authentification, mises à jour négligées, curiosité face à un fichier joint. Quelques réflexes limitent considérablement la surface d’attaque.
- Utilisation de mots de passe uniques et robustes, gérés via un coffre‑fort.
- Activation systématique du double facteur, surtout sur l’email principal et les comptes financiers.
- Mises à jour régulières du système, du navigateur et des applications.
- Contrôle régulier des appareils connectés et des sessions actives.
Les agents d’IA autonomes utilisés par les cybercriminels cartographient rapidement les réseaux et testent des attaques multiples en parallèle. Une hygiène numérique cohérente réduit nettement l’impact de ces offensives automatisées.
Adopter une posture critique face aux messages et aux offres en ligne
La majorité des escroqueries reposent sur l’ingénierie sociale, c’est‑à‑dire la capacité à manipuler la perception et les émotions : urgence, peur, cupidité, culpabilité. Une posture critique face aux sollicitations inattendues reste donc déterminante.
- Se méfier des messages d’urgence qui exigent une action immédiate (payer, cliquer, télécharger, appeler).
- Vérifier directement auprès de la banque, de l’administration ou de l’entreprise par un canal officiel, sans utiliser le lien ou le numéro fourni.
- Refuser d’installer des applications ou de prendre la main à distance à la demande d’un inconnu.
- Garder en tête que les institutions sérieuses ne demandent jamais vos codes de sécurité ni vos mots de passe par téléphone, SMS ou email.
Ce regard critique se partage en famille, dans les équipes professionnelles et auprès des personnes plus vulnérables (personnes âgées, adolescents, publics fragilisés), particulièrement ciblées par les escrocs.
« Les cybercriminels n’exploitent pas seulement des failles techniques. Ils exploitent surtout les failles humaines : la fatigue, la précipitation et l’isolement. »
Analyse récurrente des experts en cybersécurité
Capitaliser sur l’expérience de l’arnaque pour mieux se protéger
Vivre une arnaque internet laisse une trace parfois douloureuse, mais aussi une expérience précieuse. Formaliser ce vécu – par écrit, en échangeant avec un conseiller bancaire, un avocat, une association d’aide aux victimes – permet de transformer l’épisode en levier de vigilance.
- Revoir ses pratiques d’achat en ligne et les plateformes utilisées.
- Recadrer sa gestion des emails, des SMS et des appels inattendus.
- Informer ses proches des scénarios que vous avez rencontrés.
- S’abonner à des sources d’information fiables sur la cybersécurité grand public.
Les tendances actuelles montrent une augmentation du cyberharcèlement (plus 31 %) et une explosion des variantes de malwares, avec près de 1 000 nouvelles souches par minute dans le monde. Se tenir informé, adapter ses usages et ne pas rester seul face au problème constituent une réponse concrète à ce paysage en évolution permanente.




