Dans cet article Dans cet article
- PHAROS : rôle, champs de compétence et limites à connaître
- Étape par étape : la procédure complète pour signaler une arnaque sur PHAROS
- 1. Accéder au site officiel PHAROS en toute sécurité
- 2. Choisir la bonne catégorie de signalement
- 3. Décrire précisément l’arnaque : les éléments à fournir
- 4. Fournir les preuves : captures d’écran, URL, emails, profils
- 5. Renseigner vos coordonnées : anonymat, contact et suivi
- 6. Valider le signalement et conserver la preuve de l’envoi
- Les nouvelles formes d’arnaques en ligne à signaler d’urgence sur PHAROS
- PHAROS face aux difficultés de signalement : comment remplir le formulaire sans se décourager ?
- Après PHAROS : que faire en parallèle du signalement ?
- Comment les entreprises peuvent structurer leurs signalements PHAROS
- Vers une utilisation plus fluide de PHAROS : adapter ses réflexes numériques
Signaler une arnaque sur internet ne se résume pas à remplir un formulaire en vitesse. Derrière chaque signalement adressé à PHAROS, des enquêteurs analysent, recoupent et, parfois, lancent des procédures judiciaires qui coupent net des réseaux frauduleux.
Encore faut‑il connaître la bonne procédure, choisir le bon canal (PHAROS, THESEE, 33700, dépôt de plainte…) et fournir les éléments utiles. En suivant une méthode structurée, vous protégez vos proches, vos collègues et d’autres victimes potentielles, bien au‑delà de votre cas personnel.
| Étape | Description |
| 1. Accès à Pharos | Se rendre sur la plateforme officielle pour signaler tout contenu suspect lié à une fraude en ligne. |
| 2. Décrire l’arnaque | Fournir un maximum d’éléments utiles : site, messages reçus, captures, type d’arnaque. |
| 3. Soumettre le signalement | Envoyer la demande pour qu’elle soit analysée par les autorités cyber. |
| 4. Attendre le retour | Les équipes de Pharos peuvent revenir vers vous si des précisions sont nécessaires. |
PHAROS : rôle, champs de compétence et limites à connaître
PHAROS signifie Plateforme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements. Il s’agit du portail officiel mis en place par le ministère de l’Intérieur pour signaler des contenus illicites en ligne : arnaques, escroqueries, menaces, apologie du terrorisme, atteintes aux mineurs, discriminations, etc.
La plateforme fonctionne comme un guichet unique. Les signalements sont centralisés, analysés par des policiers et gendarmes spécialisés, puis éventuellement transmis aux services d’enquête compétents ou aux plateformes pour retrait de contenus. PHAROS ne se limite pas aux simples fraudes bancaires : de nombreuses catégories d’infractions numériques y sont traitées.
JusticeC’est officiel : les retraités pourront à nouveau bénéficier des chèques-vacances dès 2025 selon la decision du conseil d’étatSelon les données consolidées au 1er semestre 2025, PHAROS a reçu 109 302 signalements. Parmi eux, 31 662 concernaient des escroqueries et extorsions, ce qui montre l’ampleur des fraudes en ligne. Au‑delà des arnaques financières, la plateforme enregistre aussi :
- 19 959 signalements pour des faits de discriminations
- 15 955 signalements pour des atteintes aux mineurs
- 7 710 signalements pour des menaces
- 4 844 signalements liés au terrorisme
- 1 925 signalements pour trafics illicites
- 1 840 signalements pour des atteintes à la vie privée
- 487 signalements pour des actes de cruauté envers les animaux
La plateforme traite aussi les demandes en urgence vitale : 509 situations ont été considérées comme critiques sur cette même période, avec intervention rapide. PHAROS constitue donc un rouage central pour sécuriser l’espace numérique français.
« PHAROS n’est pas un simple formulaire en ligne. Chaque signalement reçu entre dans un processus d’analyse, de qualification juridique et de recoupement, pouvant déboucher sur des enquêtes et des retraits de contenus. »
Ce que PHAROS prend en charge dans le cadre des arnaques en ligne
Pour les escroqueries numériques, PHAROS s’intéresse à tous les contenus et comportements susceptibles de constituer une infraction :
- Sites frauduleux se faisant passer pour une banque, un opérateur téléphonique, un service administratif
- Faux sites d’investissement (crypto, trading, placements à rendement rapide)
- Phishing / hameçonnage via emails, formulaires, pages de connexion clonées
- Fraude au paiement sur sites d’e‑commerce douteux ou place de marché
- Usurpation d’identité pour ouvrir des comptes, soutirer des fonds ou collecter des données sensibles
- Escroqueries sur les réseaux sociaux : loteries bidon, comptes piratés, offres trop alléchantes
- Arnaques liées à l’IA : deepfakes, faux conseillers, usurpation de voix ou d’image
PHAROS ne gère pas à proprement parler le remboursement ou l’indemnisation individuelle. Sa mission consiste à qualifier l’infraction, déclencher des investigations et coordonner le retrait des contenus illicites en coopération avec les plateformes et hébergeurs.
Où se situe la limite entre PHAROS, THESEE, 33700 et les autres dispositifs ?
L’écosystème français de lutte contre les arnaques en ligne s’articule autour de plusieurs plateformes complémentaires. Pour un signalement efficace, il faut choisir le canal adapté selon la nature de l’escroquerie.
| Outil | Usage principal | Spécificités |
|---|---|---|
| PHAROS internet-signalement.gouv.fr |
Signalement de contenus ou comportements illicites en ligne (arnaques, haine, terrorisme, atteintes aux mineurs…) | Plateforme police/gendarmerie, analyse, recoupement, orientation vers services compétents |
| THESEE plainte en ligne pour escroquerie |
Plainte officielle pour arnaques en ligne (phishing, fraude à la carte bancaire, petites annonces frauduleuses…) | Remplace dans certains cas un passage en commissariat / gendarmerie pour la plainte |
| 33700 numéro 33700 |
Signalement des SMS/MMS frauduleux (phishing par SMS, hameçonnage mobile) | Procédure simplifiée par SMS ou formulaire pour signaler une arnaque SMS |
| Signal Spam signal-spam.fr |
Signalement de courriels indésirables, spam, tentatives de phishing | Partenariat public/privé, contribution à la lutte contre le spam massif |
| Phishing-Initiative phishing-initiative.fr |
Signalement de sites de phishing pour blocage rapide | Opéré par Orange Cyberdéfense, focalisé sur les URL frauduleuses |
En pratique, vous pouvez utiliser plusieurs dispositifs pour un même cas : par exemple, envoyer le SMS suspect au 33700, signaler le site frauduleux à PHAROS et déposer une plainte via THESEE si vous avez subi un préjudice financier.
Étape par étape : la procédure complète pour signaler une arnaque sur PHAROS
La procédure PHAROS repose sur un parcours guidé en plusieurs écrans. Chaque étape alimente les enquêteurs en indices : type d’arnaque, support utilisé, liens, captures d’écran, description chronologique. Plus votre signalement est structuré, plus il alimente efficacement le travail d’analyse et de recoupement.
1. Accéder au site officiel PHAROS en toute sécurité
PHAROS est accessible à l’adresse internet-signalement.gouv.fr. Pour éviter toute imitation malveillante, vérifiez :
- La présence du https:// et du cadenas dans la barre d’adresse
- Le nom de domaine .gouv.fr, strictement orthographié
- L’absence d’extension suspecte ou de redirection étrange
Évitez de cliquer sur un lien reçu par email ou SMS pour joindre PHAROS. Saisissez manuellement l’adresse dans votre navigateur ou passez par le site officiel du ministère de l’Intérieur. Cette précaution limite les risques de tomber sur un faux portail de signalement visant à récolter vos données.
2. Choisir la bonne catégorie de signalement
Une fois sur le portail, le parcours commence par un choix de thématique. Pour une arnaque en ligne, plusieurs rubriques peuvent s’appliquer, selon la nature des faits :
- Escroquerie / extorsion : paiements frauduleux, fausses commandes, fausses ventes, ransomwares, faux investissements
- Atteintes à la vie privée : usurpation d’identité, récupération illégale de données, chantage avec images ou vidéos
- Discriminations ou menaces si l’arnaque s’accompagne de propos haineux ou intimidants
Ne vous inquiétez pas si votre cas ne semble pas entrer parfaitement dans une case. Les enquêteurs réévaluent ensuite la qualification juridique. L’essentiel consiste à indiquer la catégorie la plus proche de la réalité : arnaque financière, usurpation, menace, etc.
3. Décrire précisément l’arnaque : les éléments à fournir
La phase de description joue un rôle déterminant. Elle permet aux équipes PHAROS de :
- Comprendre le scénario de l’arnaque
- Identifier le mode opératoire (phishing, deepfake, fraude au faux support technique…)
- Repérer des liens avec d’autres cas déjà signalés
Pour structurer votre texte, suivez une logique chronologique et factuelle :
- Contexte : sur quel site, réseau social ou service avez‑vous été contacté ?
- Premier contact : date approximative, message reçu, profil de l’interlocuteur, canal (email, message privé, appel…)
- Demandes formulées : argent, coordonnées bancaires, documents d’identité, codes de sécurité, enregistrements vocaux, selfies, etc.
- Actions réalisées : formulaires remplis, pièces envoyées, virements effectués, clics sur des liens
- Conséquences : perte d’argent, usurpation, fuite de données, blocage de compte, menace, pression psychologique
Évitez les jugements de valeur et concentrez‑vous sur les faits concrets. PHAROS recherche des éléments objectifs pour qualifier l’infraction et cerner la technique utilisée par les fraudeurs.
4. Fournir les preuves : captures d’écran, URL, emails, profils
Un signalement bien étayé comporte des éléments techniques précis. Avant de remplir le formulaire, rassemblez :
- Les URL complètes des sites suspects (copiées/collées sans modification)
- Des captures d’écran : pages web, échanges de messages, profils sociaux, annonces frauduleuses
- Le contenu des emails frauduleux : adresse de l’expéditeur, en‑tête si possible, liens intégrés
- Les numéros de téléphone ou profils utilisés pour le contact
- Les horaires approximatifs des interactions si vous ne disposez pas de l’heure exacte
Ces éléments facilitent le recoupement avec d’autres affaires. Un même site frauduleux peut apparaître dans des dizaines de signalements. PHAROS repère ainsi des infrastructures criminelles entières : hébergeurs utilisés, récurrence d’une campagne de phishing, liens avec d’anciennes arnaques.
5. Renseigner vos coordonnées : anonymat, contact et suivi
Le formulaire PHAROS permet de transmettre un signalement avec ou sans coordonnées. Plusieurs cas se présentent :
- Vous souhaitez rester discret et ne pas être recontacté : vous pouvez limiter les informations personnelles, tant que le contenu de l’arnaque est bien détaillé.
- Vous acceptez d’être joint pour des précisions : indiquez une adresse email fiable et un numéro de téléphone. Ces éléments servent uniquement dans le cadre du traitement du signalement.
PHAROS n’est pas un service de support individuel permanent. Vous ne recevrez pas forcément une réponse personnalisée, ni un retour sur l’issue exacte de votre dossier. Le traitement s’inscrit dans une logique d’enquête globale et de lutte contre la cybercriminalité à grande échelle.
« Le signalement à PHAROS ne remplace pas la plainte. Il contribue à la cartographie de la menace en ligne et au démantèlement progressif des circuits d’arnaques. »
6. Valider le signalement et conserver la preuve de l’envoi
Avant de valider, relisez votre texte pour vérifier :
- La cohérence chronologique des faits
- L’absence d’erreur dans les montants, dates, numéros ou URL
- La bonne transmission de vos pièces jointes
Après validation, vous recevez généralement une confirmation (à l’écran, parfois par email si vous l’avez fourni). Conservez cette trace avec vos autres documents (mise en opposition bancaire, correspondances avec la plateforme où l’arnaque a été commise, éventuelle plainte déposée).
Les nouvelles formes d’arnaques en ligne à signaler d’urgence sur PHAROS
Les escroqueries numériques évoluent rapidement. L’arrivée massive des outils d’intelligence artificielle générative modifie le paysage : les fraudeurs diffusent désormais des contenus hyperréalistes et personnalisés, difficiles à distinguer d’une communication authentique.
Fraudes aux deepfakes vidéo et audio
Les deepfakes utilisent des modèles d’IA avancés pour générer des vidéos ou des audios truqués. Ils imitent l’apparence ou la voix d’une personne connue : dirigeant d’entreprise, proche, expert reconnu, influenceur. Les pertes mondiales associées à ce type de fraude s’élèvent à environ 1,3 milliard d’euros en 2026, contre 860 millions en 2025, ce qui témoigne d’une progression rapide.
Les cybercriminels s’appuient sur des générations vidéo avancées (notamment des outils comme Veo 3 ou Sora 2) et sur le clonage vocal pour créer des scènes crédibles. Les scénarios fréquents incluent :
- Un faux dirigeant d’entreprise qui ordonne un virement urgent via une visio truquée
- Un proche « en détresse » au téléphone, imité grâce à du clonage vocal
- Un faux expert financier qui présente une opportunité d’investissement vidéo très structurée
Ces contenus doivent être signalés sans délai à PHAROS, surtout si l’arnaque s’accompagne d’une demande de virement, de partage de données bancaires ou de documents d’identité.
Phishing avancé, vishing, fraude au président et chatbots malveillants
Les escroqueries par hameçonnage se professionnalisent. Selon les estimations récentes, environ 60 % des compromissions de comptes ou de données sensibles sont liées à des attaques de phishing sophistiqué. Plusieurs tendances se rejoignent :
- Campagnes ciblées grâce à l’IA : les messages reprennent le style d’écriture d’un collègue, d’une banque ou d’un fournisseur.
- Automatisation massive : les fraudeurs envoient des milliers de mails légèrement personnalisés, ce qui augmente le taux de réussite.
- Vishing : appels téléphoniques utilisant des voix clonées pour se faire passer pour une banque, un technicien, un responsable hiérarchique.
- Fraude au président à l’ère de l’IA : imitation hyperréaliste de la voix d’un dirigeant pour obtenir un transfert de fonds ou des données confidentielles.
- Chatbots frauduleux : faux assistants en ligne qui orientent vers des formulaires piégés ou des paiements non sécurisés.
Les entreprises sont fortement exposées. Entre 2025 et 2026, environ 73 % des dirigeants déclarent avoir été directement ciblés par des attaques liées à l’IA, et près de 87 % des organisations se reconnaissent des vulnérabilités significatives face aux usages malveillants de ces technologies.
Tout message ou appel qui combine urgence artificielle, pression émotionnelle et demande d’information sensible mérite une vigilance accrue et un signalement à PHAROS, surtout lorsqu’il existe un lien avec une plateforme en ligne, un site ou un service numérique identifiable.
Usurpation d’identité et faux investissements en ligne
Une part importante des arnaques repose sur l’usurpation d’identité : faux conseillers financiers, faux avocats, faux agents publics, fausses plateformes d’investissement. Les fraudeurs visent :
- Des opérations de trading non régulées (forex, crypto, options exotiques)
- Des placements à rendement rapide : énergies, métaux rares, projets immobiliers à l’étranger
- Des plans d’épargne fictifs : assurance‑vie, produits de défiscalisation
Les victimes sont incitées à fournir une grande quantité de données personnelles sensibles : documents d’identité, justificatifs de domicile, informations bancaires, enregistrements vidéos, voire enregistrements vocaux pour valider de faux contrats. Les fraudeurs ciblent aussi des données très particulières :
- Opinions politiques, appartenance ethnique
- Données biométriques, génétiques
- Orientation sexuelle, statut de handicap, grossesse
- Carnets d’adresses, contacts professionnels
Toute fraude de ce type mérite un double réflexe : plainte via THESEE si vous avez perdu de l’argent, et signalement à PHAROS pour exposer la plateforme, les URL, le profil des « conseillers » et les méthodes utilisées.
Arnaques ciblant les particuliers : animaux perdus, ventes entre particuliers, petites annonces
Les arnaques liées aux émotions se multiplient, notamment autour des animaux perdus. Des fraudeurs exploitent des images d’animaux générées par IA pour se faire passer pour des personnes ayant retrouvé votre compagnon, puis exigent :
- Une avance de frais pour un transport ou des soins vétérinaires fictifs
- L’envoi de codes de paiement, cartes cadeaux, coupons prépayés
- Des informations personnelles détaillées à visée intrusive
Ce type de stratagème survient souvent après la publication d’une annonce sur un réseau social ou un site spécialisé. Les mêmes mécanismes s’appliquent pour :
- Les fausses ventes sur les plateformes de petites annonces
- Les locations de vacances inexistantes
- Les objets à prix cassé proposés par des comptes fraîchement créés
Dans tous ces cas, PHAROS a besoin des liens vers les annonces, des captures d’écran des échanges et des informations sur les moyens de paiement réclamés. Ces données contribuent à identifier des groupes de fraudeurs actifs sur plusieurs plateformes simultanément.
PHAROS face aux difficultés de signalement : comment remplir le formulaire sans se décourager ?
De nombreux internautes renoncent à signaler une arnaque parce qu’ils jugent les démarches trop techniques ou chronophages. Les études de retour d’expérience montrent que beaucoup abandonnent après une quinzaine de minutes de saisie, en raison :
- De formulaires jugés complexes
- De vocabulaire juridique perçu comme obscur
- De multiples écrans successifs
- De bugs temporaires ou de problèmes de chargement des pièces jointes
Pourtant, un signalement partiel reste utile. Les équipes PHAROS préfèrent recevoir un formulaire imparfait plutôt qu’aucune information. Quelques bonnes pratiques permettent de faciliter la démarche.
Préparer le signalement avant d’ouvrir PHAROS
Un court temps de préparation rend la saisie plus fluide. Avant de vous connecter :
- Notez sur un document (papier ou fichier texte) : dates, montants, pseudonymes, numéros de téléphone, références des échanges.
- Rassemblez vos captures d’écran dans un dossier unique, avec des noms clairs (par exemple : « profil‑arnaque‑facebook‑01.png »).
- Copiez les URL suspectes dans un fichier pour les retrouver facilement.
Vous pouvez ainsi remplir le formulaire PHAROS en une seule fois, sans perdre de temps à retourner dans vos emails ou vos comptes. Moins de va‑et‑vient signifie moins de frustration et moins de risques de bug liés aux temps d’inactivité.
Structurer son récit comme un rapport d’incident
Pour la partie texte libre, utilisez une structure simple en plusieurs blocs :
- Bloc 1 – Contexte : « J’utilise tel site / tel réseau social depuis X temps ; j’ai posté telle annonce / j’ai reçu tel message ».
- Bloc 2 – Chronologie : « Le mercredi 25 février, j’ai reçu… Puis le mercredi 25 février, j’ai cliqué / répondu… ».
- Bloc 3 – Demandes : « Mon interlocuteur réclamait de l’argent / des codes / des documents spécifiques ».
- Bloc 4 – Conséquences : « J’ai perdu telle somme / mon compte a été piraté / mes données sont exposées ».
- Bloc 5 – Actions déjà entreprises : « J’ai contacté ma banque, changé mes mots de passe, déposé plainte via THESEE… ».
Cette structure aide les enquêteurs à reconstituer les faits, même si vous ne maîtrisez pas le vocabulaire juridique. Elle vous évite aussi de vous disperser et limite la longueur excessive du texte.
Gérer les limites techniques : pièces jointes, temps de session, bugs
Quelques recommandations limitent les désagréments techniques :
- Réduisez la taille de vos captures si elles sont très lourdes (sans altérer leur lisibilité).
- Évitez d’ouvrir trop d’onglets simultanément pendant le remplissage.
- Si le formulaire semble bloqué, enregistrez votre texte ailleurs avant de recharger la page.
- En cas de bug récurrent, tentez un autre navigateur ou un autre appareil.
Si vous ne parvenez pas à joindre une pièce, mentionnez‑la dans votre description, avec l’indication que vous restez en mesure de la fournir en cas de contact ultérieur par un enquêteur.
Après PHAROS : que faire en parallèle du signalement ?
Signaler une arnaque en ligne constitue un volet d’un ensemble plus large de démarches. Selon votre situation, d’autres actions doivent être menées en parallèle de PHAROS pour limiter les conséquences et enclencher une réponse pénale et bancaire adaptée.
Sécuriser immédiatement ses comptes et ses données
En cas de doute sur une compromission de compte ou de données, intervenez rapidement :
- Changez vos mots de passe en privilégiant des phrases de passe longues et uniques par service.
- Activez l’authentification à deux facteurs sur vos comptes sensibles (email, banque, réseaux sociaux).
- Contactez votre banque pour une opposition ou un contrôle renforcé des transactions.
- Surveillez vos comptes (bancaires, services en ligne) dans les jours qui suivent.
Ces gestes limitent la capacité des fraudeurs à réutiliser vos informations pour d’autres escroqueries, par exemple l’ouverture de crédits à votre nom ou la prise de contrôle d’autres comptes en ligne.
Déposer plainte : PHAROS, THESEE et commissariat
PHAROS ne se substitue pas à la plainte. Pour enclencher une procédure pénale visant à la reconnaissance de votre préjudice, utilisez :
- Le dispositif THESEE pour les principales arnaques en ligne (phishing, fraude à la carte, escroqueries aux petites annonces, faux sites commerciaux).
- Le commissariat ou la brigade de gendarmerie de votre choix pour les situations non couvertes par THESEE ou lorsque vous préférez un contact direct.
Lorsque vous vous rendez physiquement dans un service de police ou de gendarmerie, apportez :
- Les captures d’écran imprimées ou sur clé USB
- Les références de votre signalement PHAROS
- Les échanges avec votre banque, votre opérateur ou la plateforme concernée
Cette préparation facilite la rédaction de votre plainte et évite de devoir revenir plusieurs fois avec des pièces manquantes.
Signaler par SMS, email et aux plateformes : 33700, Signal Spam, Phishing‑Initiative
En complément de PHAROS, certains outils ciblent précisément les canaux techniques utilisés par les escrocs :
- 33700 : pour signaler un SMS ou un MMS frauduleux ; vous transférez simplement le message au 33700, puis suivez les indications de réponse. Ce mécanisme contribue au blocage des numéros à grande échelle. Un guide dédié explique en détail comment signaler une arnaque SMS.
- Signal Spam : pour remonter des emails de spam ou de phishing à un réseau d’acteurs (fournisseurs email, autorités, acteurs de cybersécurité).
- Phishing‑Initiative : pour notifier les URL frauduleuses observées ; l’objectif est d’obtenir un blocage plus rapide par les navigateurs et outils de sécurité.
Ces dispositifs ne remplacent pas PHAROS, mais ils renforcent son action en ciblant la partie infrastructure : numéros de téléphone, serveurs, domaines et liens malveillants.
Comment les entreprises peuvent structurer leurs signalements PHAROS
Les organisations, et en particulier les PME et ETI, sont fortement visées par les escroqueries en ligne. Près de 94 % des dirigeants s’attendent à un impact significatif de l’IA sur leurs activités d’ici 2026, y compris sous l’angle des risques de fraude.
JusticeControle technique : plusieurs milliers de véhicule contraint de le passer tous les ans « c’est encore les petits qui vont payer »Pour une entreprise, un signalement PHAROS isolé ne suffit pas. Il s’intègre dans une stratégie globale de cybersécurité : sensibilisation des équipes, procédures internes d’alerte, coordination avec la banque et les partenaires techniques.
Mettre en place une procédure interne de remontée d’incidents
Avant même de remplir PHAROS, chaque salarié doit savoir :
- À qui signaler en interne un mail, un appel ou un message suspect (référent sécurité, DSI, RSSI, responsable comptable).
- Comment transmettre les pièces brutes (emails complets avec en‑têtes, logs, captures, fichiers).
- Quelles actions préserver les preuves (ne pas supprimer un compte ou un message sans sauvegarde).
Ensuite, le référent sécurité de l’entreprise se charge de formaliser un signalement PHAROS détaillé, éventuellement complété par des déclarations à la banque, à l’assureur cyber et à l’ANSSI en cas d’incident majeur.
Documenter les fraudes au président et aux virements
Les fraudes au président et aux virements frauduleux constituent une menace récurrente pour les directions financières. Pour ces cas, un signalement PHAROS doit contenir :
- La description du scénario (ordre de virement urgent, faux audit, investissement à valider en secret).
- Les supports utilisés : email, téléphone, visioconférence, messagerie instantanée.
- Les éléments d’usurpation : signature imitée, voix clonée, visuel deepfake, faux profil LinkedIn.
- Les coordonnées bancaires des comptes destinataires (IBAN, BIC).
En complément, l’entreprise a intérêt à déposer rapidement plainte, à déclencher un recours bancaire et, si nécessaire, à effectuer une déclaration d’incident auprès de son autorité de contrôle ou de son assureur.
Former les équipes à l’identification des signaux faibles
Les arnaques en ligne présentent souvent des « signaux faibles » avant le passage à l’acte :
- Changement soudain de ton ou d’orthographe dans les messages d’un contact habituel.
- Demande d’information sensible par un canal inhabituel.
- Insistance sur la confidentialité et l’urgence.
- Références floues à des projets ou partenaires que personne ne connaît dans l’entreprise.
Une sensibilisation régulière aide les salariés à reconnaître ces indices et à enclencher une alerte interne, puis un signalement PHAROS si l’arnaque se confirme ou si une tentative suffisamment caractérisée a été observée.
« Un signalement précoce, même sans perte financière, attire l’attention sur un groupe d’attaquants déjà actif. Les entreprises qui remontent ces tentatives participent directement à la protection du tissu économique. »
Vers une utilisation plus fluide de PHAROS : adapter ses réflexes numériques
Les chiffres du premier semestre 2025 montrent une montée continue des signalements, avec une part significative liée aux escroqueries et extorsions. En parallèle, la sophistication des arnaques IA impose de nouveaux réflexes : vérification systématique des identités, méfiance face aux demandes inattendues, suspicion constructive devant les offres trop avantageuses ou les vidéos « parfaites ».
PHAROS reste un levier central de réponse à ces menaces, à condition d’être utilisé de manière régulière et pragmatique. Chaque internaute, particulier ou professionnel, devient un observateur utile des comportements suspects : faux sites, contacts douteux, chantages, manipulations émotionnelles, usurpations d’identité. La procédure de signalement gagne alors en naturel et s’intègre progressivement aux réflexes numériques du quotidien.





